Ecrire pour soi

Tu t’installes en tailleur devant la petite table basse. L’ordinateur est ouvert devant toi, la page numérique est blanche, offerte. Angoissante parfois, souvent excitante, porteuse d’une promesse de renouveau, mille possibilités esquissées en filigrane. 


De la cuisine monte une douce odeur de noisette grillée, le café infuse goutte à goutte ; bientôt tu te lèveras pour récupérer la tasse trop chaude et la rapatrier au salon. Tu te brûleras les doigts. Tu te sentiras en vie.

Pour l’heure, tu mets de la musique, toujours la même. Archive ou Antimatter. Les boucles lancinantes du trip-hop autorisent ta pensée à se déployer hors d’elle-même, à tisser un réseau d’images et de mélodies inédites.

 

Tu allumes une cigarette, bien sûr. Tu n’en as pas vraiment envie, mais elle fait partie du rituel. Peut-être te légitime-t-elle dans ta posture d’écrivain ?

Et puis, les mots viennent. Souvent, ce sont ceux que tu attends le moins. Des mots d’amour, quand tu n’aspires qu’à l’action. Des mots simples, décomplexés, alors que tu t’aimerais spirituel. Des mots d’urgence, alors que c’est dimanche matin et que rien ne presse.

Les mots se mêlent par affinités, et deviennent des phrases. Déjà, le récit est en place, qui ne t’appartient plus.

 


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