Ecrire pour l'autre

Tu t’installes à ton bureau. Mille choses l’encombrent. Presque rien d’essentiel. Quand tu es assis là, tu deviens quelqu’un d’autre. Tu deviens le rédacteur, le biographe, le professionnel. Tu te dépouilles de ton histoire, de tes désirs, de tes doutes. Juste ce qu’il faut. Ne garder que l’envie d’écrire et l’ouverture à l’autre.

 

Tu relis tes notes, structures ta pensée. Il manque quelque chose, pourtant. La présence de l’autre, les modulations de sa voix, la vie des mots dans leur contexte. Tu allumes le dictaphone, et le lien se fait. Pendant une heure, deux peut-être, tu fais tienne cette autre vie, cette identité d’emprunt.

 

Une question reste en suspens... Comment écrire pour l’autre, sans lui voler, et sans perdre un peu de soi ? Elle n’appelle pas de réponse définitive, elle se contente de ce que tu peux lui concéder dans l’instant.

 

Tu es serein, aujourd’hui. Tu envisages l’écriture comme un arbre aux ramifications multiples : chaque branche en représente un aspect, une tentative de donner du sens, peu en importe la forme.

Partant du centre, il y a la branche du récit intime. Plus loin dans les frondaisons, s’épanouissent celles de la fiction.

Enfin, en périphérie, là où sont les jeunes pousses, l’écriture pour l’autre prend doucement sa place.

 


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